Diplômé mais sous-employé : le vrai visage du chômage des jeunes diplômés en Côte d’Ivoire

Un diplôme protège moins du chômage, en Côte d’Ivoire, qu’il n’y paraît à première vue. Le paradoxe mérite d’être posé avant d’être expliqué : un jeune diplômé du supérieur a statistiquement plus de risques de se retrouver sans emploi qu’un jeune actif pris dans son ensemble, diplômé ou non. Ce renversement, contre-intuitif pour une famille qui investit dans des études précisément pour sécuriser l’avenir de son enfant, structure une part significative de l’anxiété qui entoure aujourd’hui le choix d’une filière.

Un écart qui résiste à l’intuition

Le chômage touche environ 15 % des jeunes diplômés ivoiriens, contre 4,8 % chez l’ensemble des jeunes actifs et 2,6 % dans la population générale, selon des données relayées par France 24. L’écart mérite une lecture prudente : plusieurs enquêtes coexistent, avec des méthodologies et des périmètres différents, et un chiffre isolé de son contexte se prête facilement à la caricature. Une étude antérieure, l’Enquête Nationale sur l’Emploi de 2019, citée dans une analyse publiée par la Revue française d’économie, situait par exemple le chômage des diplômés du supérieur à 9,17 %, un niveau sensiblement inférieur, ce qui rappelle qu’aucune statistique de l’emploi ne doit être maniée comme une vérité figée. Ce qui reste stable d’une enquête à l’autre, en revanche, c’est le sens de l’écart : le diplôme, seul, ne protège pas mécaniquement de l’inactivité, et peut même, pour certaines filières, l’accompagner.

Le sous-emploi, angle mort du débat

Réduire la question au seul taux de chômage masque une réalité plus large, celle du sous-emploi : un diplômé qui occupe un poste sans rapport avec sa formation, à temps partiel non choisi ou dans l’informel, n’apparaît dans aucune statistique de chômage alors que sa situation professionnelle reste précaire. Selon Le Djai, qui attribue ce chiffre à la Banque mondiale, la part des jeunes ivoiriens ni en emploi, ni en formation, ni en études s’établissait à 18,83 % en 2022, un taux avoisinant 25 % chez les jeunes femmes. Le lien ci-dessus renvoie directement à l’indicateur correspondant sur le portail de données de la Banque mondiale, pour permettre une vérification indépendante du chiffre plutôt qu’une simple reprise de seconde main. Ces chiffres dessinent, en tout état de cause, un problème structurel d’insertion, pas un simple accident de parcours individuel.

Pourquoi un diplôme généraliste protège moins qu’un diplôme technique

L’explication la plus solide tient à l’inadéquation entre les compétences enseignées et celles recherchées par les employeurs. Une économie qui se digitalise, se dote d’infrastructures et investit dans des secteurs en tension, numérique, ingénierie, agronomie, cybersécurité, recrute des profils capables d’opérer des outils précis, pas seulement de restituer une théorie générale. La Banque mondiale évalue, dans son rapport Africa’s Pulse, à plus de 230 millions le nombre d’emplois qui pourraient nécessiter des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030, un chiffre qui donne la mesure du basculement en cours. Un diplôme dont le contenu n’a pas suivi ce basculement expose son titulaire à un risque d’inadéquation, indépendamment du sérieux avec lequel il a été obtenu.

Ce qui réduit concrètement le risque

Trois leviers ressortent des travaux disponibles sur l’insertion des jeunes diplômés ivoiriens : un stage effectué en cours de formation plutôt qu’après l’obtention du diplôme, une filière alignée sur un secteur en tension plutôt que sur un intitulé rassurant, et un accompagnement individualisé au moment de la recherche d’emploi plutôt qu’un simple service administratif de délivrance de diplômes. Aucun de ces trois leviers ne dépend du hasard : ils relèvent de choix structurels que chaque établissement peut décider d’intégrer, ou non, à son modèle pédagogique.

Pourquoi AurelsTech se distingue sur ce sujet

Aurels a construit ces trois leviers dans l’architecture même de ses cycles plutôt que de les traiter comme un service annexe. Le stage reste obligatoire dans l’ensemble des filières professionnalisantes, les filières elles-mêmes sont pensées en écho aux secteurs en tension identifiés par les plans nationaux, numérique, ingénierie des infrastructures, agronomie, et l’accompagnement vers l’emploi se prolonge au-delà de l’obtention du diplôme, porté par les chargés d’admissions et de placements qui suivent chaque étudiant depuis son dossier jusqu’à sa première expérience professionnelle. Un candidat qui hésite entre deux filières gagne à interroger précisément ce dernier point auprès de n’importe quelle école qu’il envisage : la réponse, plus que le nom du diplôme, indique souvent ce qui l’attend deux ans plus tard.

Une pression démographique qui ne se relâchera pas

La moitié de la population ivoirienne a moins de trente ans, une pyramide des âges qui garantit, chaque année, l’arrivée sur le marché du travail d’une nouvelle cohorte de diplômés au moins aussi nombreuse que la précédente. Cette pression démographique rend d’autant plus urgent l’ajustement entre l’offre de formation et la demande réelle des employeurs : un système éducatif qui continue de produire massivement des profils généralistes, dans un marché qui recrute des profils techniques, aggrave mécaniquement l’écart année après année plutôt que de le résorber.

Se positionner en amont plutôt que subir

Un candidat qui choisit une filière à seule fin de rassurer son entourage, plutôt qu’en fonction de la réalité du marché de l’emploi, prend un risque qu’aucune statistique nationale ne peut compenser après coup. Interroger directement une école sur son taux de stage réel, ses partenariats entreprises effectifs et le devenir de ses trois dernières promotions reste le réflexe le plus fiable avant de s’engager.

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Sources : France 24, Revue française d’économie (Enquête Nationale sur l’Emploi 2019), Le Djai et Banque mondiale : indicateur NEET Côte d’Ivoire, Banque mondiale : rapport Africa’s Pulse.

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